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Hommes d'hier et d'aujourd'hui

Les premiers pyrénéens ont laissé d'importants témoignages de leur présence dans les basses vallées : sculptures en ivoire de mammouth ou bois de rennes, gravures et peintures rupestres, outils...
Avec la fonte progressive des glaciers, ils commencent à parcourir la haute montagne. D'abord pour y chasser, y cueillir leur subsistance, puis pour y élever du bétail. Vers – 4000 ans av J-C, au début de l’ère de bronze, ilsse sédentarisent progressivement.

Pendant des siècles les hommes ont vécu en montagne pratiquement de la même façon, de culture et d’élevage (agro-pastoralisme) . Pour souligner les rapports étroits entre ces deux activités retenons un proverbe : «  sans foin, pas de bétail ; sans bétail, pas de fumier ; sans fumier, pas de récolte ». Localement des ressources complémentaires ont pu être procurées par la forêt, les mines ou l’artisanat.
En grande partie, nous devons à ces activités traditionnelles les paysages que nous connaissons. Pour obtenir de nouveaux pâturages, de nouveaux champs ou prairies, le paysan a entrepris d’intenses déboisements. Il a construit des terrasses pour endiguer l’érosion et augmenter la surface des terres cultivées. Il a creusé des rigoles, bâti des moulins, planté des frênes, épierré, tracé des chemins… Il a enfin érigé granges et cabanes pour exploiter sa principale ressource : l’herbe. La forêt lui fournissait combustible, outil, charpente et nourriture. Etait-elle considérée comme inépuisable ? Il semble que les populations valléennes savaient que la forêt se dégrade si elle est exploitée sans soucis de renouvellement. Elles avaient élaborées des usages précis intégrant celle-ci dans des systèmes socio-économiques qualifiés de durable. Pourtant, inévitablement, la forêt souffrait si la population venait à augmenter.

Depuis un siècle, beaucoup de montagnards ont quitté leurs villages, cherchant ailleurs une vie plus facile. Dans certaines vallées l’exploitation de l’hydroélectricité et aujourd’hui le tourisme ont enrayé l’exode. Les paysages portent partout la trace de tous ces bouleversements : barrages, conduites forcées, routes, stations de ski, ruines , terrasses écroulées, retour de la forêt…
Pourtant, en dépit du déclin inéluctable de l'agriculture, la vocation des pyrénées demeure encore pastorale . Bêtes à lait gardées dans le département des Pyrénées-Atlantiques, bêtes à viande en pacage le plus souvent libre ailleurs.
C'est un des défis du XXIéme siècle que de favoriser une vie pastorale active avec des moyens modernes tout en respectant le patrimoine, les traditions et l'environnement. L'avenir des Pyrénées dépend aussi du développement d'un tourisme respectueux des populations et de l'environnement.

A lire :
- L'homme et la nature dans les Pyrénées (Claude Dendaletche - ed Berger Levrault)

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